Pour clôturer l’année fiscale 2025, les prêts bancaires accordés au secteur privé ont affiché une petite hausse de 0,3 %, suite à un recul de 15,2 % en 2024. Cette tendance se développe dans un cadre marqué par la détérioration continue du climat commercial en Haïti, aggravée par une crise de sécurité qui persiste depuis plus de cinq ans.

Dans un document publié en juin 2026 sur le crédit bancaire, la banque de la république d’Haïti informe que cette situation persistante amplifie les risques opérationnels et financiers auxquels sont exposées les banques. Elles ont adopté une approche plus conservatrice, minimisant leur exposition au danger du crédit, en réponse à une augmentation des incertitudes et à la dégradation de la qualité des portefeuilles.

Cette faible progression du crédit compromet les perspectives de reprise économique, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui occupent une place cruciale dans la structuration du tissu économique et dans la génération d’emplois. Dans un contexte économique haïtien où règne un fort taux de chômage et d’informalité, l’accès au financement pour les PME se dessine comme un outil essentiel pour une croissance durable et inclusive.

Dans ce contexte, l’amélioration de la sécurité semble être une étape préliminaire au retour de la confiance des investisseurs, à la reprise des activités de production et à la relance des moyens traditionnels d’octroi de crédit. Ce retour à une situation stable établira aussi les fondements d’un environnement favorable à l’innovation financière. En plus des questions de sécurité, la mise en place d’un écosystème de gestion des risques financiers s’avère aussi essentielle.

Dans ce contexte, la promotion des services d’assurance adaptés au cadre local et l’établissement de fonds de garantie sont considérés comme des outils clés pour atténuer le risque de crédit. La BRH met un accent particulier sur ces mécanismes qui peuvent renforcer la confiance des prêteurs, tout en rendant l’accès au financement des entreprises plus accessible à des conditions plus supportables.

Ces mesures sont d’autant plus significatives car elles contribuent au raffermissement d’un environnement financier plus robuste, favorable à une application plus efficiente des politiques économiques, et par conséquent, à un effet amélioré sur l’activité réelle.

Dans cette perspective, la banque des banques continue de s’investir dans l’introduction de mesures spécifiques d’aide au crédit et dans l’établissement de structures d’assistance technique et financière, particulièrement pour les PME et les initiatives entrepreneuriales dirigées par les femmes (Programme Booster PME).

Selon le document de la BRH, ces actions visent à améliorer la correspondance entre l’offre de financement et les exigences du secteur productif. Par ailleurs, la BRH engage une révision de son programme axé sur la croissance, en y ajoutant désormais un aspect régional. Cette révision vise à mettre davantage l’accent sur les caractéristiques locales et à exploiter les potentialités économiques inhérentes aux diverses zones géographiques de la nation. En adoptant cette approche, l’institution vise à encourager une croissance plus inclusive, et davantage enracinée dans les réalités socio-économiques du pays.

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