Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) exprime, une nouvelle fois, ses vives inquiétudes sur les agissements du juge Cyprien Jean F. Denis Pierre, chargé de mener la poursuite de l’enquête sur l’assassinat de l’ex président Jovenel Moïse Dans une nouvelle lettre envoyée, le mardi 30 juin 2026, au président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), le magistrat Jean Joseph Lebrun, l’organisation a fustigé ce qu’elle considère comme un « simulacre d’instruction » dans cette affaire. Huit mois se sont déjà passés sans que le juge n’ait présenté son compte rendu ou n’ait justifié son retard en prolongeant le délai avec une ordonnance appropriée, a dénoncé le RNDDH, arguant que cette condition prolongée mène à la rétention continue de nombreux individus en détention préventive au-delà de la période légale, ce qui nuit à leur droit à une justice dans un laps de temps raisonnable. Dans ce document, l’organisation reproche également au magistrat instructeur d’avoir pris plusieurs décisions qu’elle considère comme problématiques. Elle mentionne en particulier la délégation de pouvoirs donnée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour perquisitionner les lieux du RNDDH et le domicile personnel de son directeur exécutif, Pierre Espérance, dans le contexte de la recherche d’un carnet d’écrits de feu le président Jovenel Moïse. Cependant, d’après le RNDDH, ce dossier est déjà inclus comme élément dans l’enquête en cours. Le RNDDH rappelle avoir déjà contacté le CSPJ, par le biais d’une lettre du 22 mai 2026, pour évaluer le comportement du juge à son encontre et à l’égard de son directeur exécutif. Elle déplore que, d’après ses dires, le Conseil n’ait pas encore pris en considération ce qu’elle considère comme une malveillance manifeste de la part du juge instructeur. Par ailleurs, le RNDDH reproche au magistrat de dénaturer le dossier en menant des actes d’instruction qui, selon l’organisation, « partent dans tous les sens ». Elle mentionne particulièrement des accusations basées sur de simples conversations téléphoniques ou entrevues, la conversion de simples témoins en accusés, ainsi que des interactions supposées avec des individus inculpés dans un contexte privé. L’organisation souligne aussi des allégations de corruption et des mandats d’amener qui auraient été transmis à la DCPJ, avant leur annulation. Selon le RNDDH, ces aspects engendrent de grands doutes quant à la capacité effective du juge Cyprien Jean F. Denis Pierre à réaliser correctement le supplément d’information qui lui a été attribué. L’établissement souligne également que le Parquet, qui est la partie poursuivante lors du procès pénal, n’a pas fait appel de l’ordonnance qui a donné lieu à cette demande d’informations supplémentaires. Selon lui, cette procédure devrait plutôt être utilisée pour contrôler le juge nommé contre des abus de pouvoir potentiels et des violations des règles procédurales. À travers cette missive au président du CSPJ, le Réseau National de Défense des Droits Humains sollicite une clarification de la part de l’autorité de gouvernance judiciaire concernant l’attitude du juge et la gestion du dossier. L’organisation craint que les désagréments, les actes litigieux et les anomalies qu’elle dénonce puissent davantage nuire au déroulement d’un procès qui est attendu par la communauté haïtienne depuis près de cinq ans. Laisser un commentaire Annuler la réponseVotre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *Commentaire * Nom * E-mail * Site web Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site dans le navigateur pour mon prochain commentaire. Inscrivez-vous pour recevoir notre lettre d’information ! Navigation de l’article Vers la modification du décret électoral: le CEP annonce la mise en place d’une commission bipartite en accord avec le gouvernement