Les procureurs américains ont accusé le pasteur haïtiano-américain Christian Emmanuel Sanon, d’avoir planifié et contribué à l’assassinat de l’ex président Jovenel Moïse. Selon les procureurs, « le président Moïse devait être tué », conformément aux ordres que Sanon aurait donnés à l’équipe et à ses subordonnés haïtiens.

Lors de sa déclaration liminaire de 50 minutes, Sean T. McLaughlin a indiqué aux jurés que Sanon et plusieurs complices se sont rendus en Haïti depuis le sud de la Floride à bord d’un jet privé, transportant clandestinement quelques gilets pare-balles fournis par une société de sécurité de la région de Doral, ont déclaré les procureurs.

Ces gilets étaient destinés à une équipe de quatre mercenaires colombiens. Sanon a également déclaré à l’équipe et à « ses subalternes haïtiens que le président Moïse devait être tué », a indiqué McLaughlin.

Les premières tentatives, notamment l’enlèvement de Moïse et son remplacement par Sanon, ont échoué, a déclaré McLaughlin, mais Sanon a persisté. « Sanon ne renonce pas », a déclaré le procureur en énumérant les dates clés entre janvier et juillet 2021 et en montrant des photos de certaines des personnes dont le nom sera évoqué lors du procès.

Les avocats de Sanon n’ont pas contesté que Moïse, âgé de 53 ans, ait été assassiné le 7 juillet 2021. Mais ils ont soutenu dans leur déclaration liminaire que leur client n’en était pas responsable. Sous le regard de l’épouse de Sanon, de ses deux fils adultes et de ses petits-enfants, présents dans la salle, l’avocat de la défense, Humberto Dominguez, a dressé un portrait différent.

Dominguez a replacé les actions de Sanon dans le contexte des troubles politiques qui secouaient Haïti dans les mois précédant l’assassinat de Moïse, période durant laquelle le président était confronté à des manifestations de grande ampleur et se trouvait au centre d’une âpre dispute concernant la date de fin de son mandat présidentiel.

« De février à juillet, il y a eu plusieurs tentatives de coup d’État », a déclaré Dominguez. En février 2021, la police haïtienne a arrêté en pleine nuit un juge de la Cour suprême et d’autres personnes, les accusant de comploter pour renverser le président. Ces arrestations ont ensuite intensifié les manifestations contre Moïse, qui gouvernait par décret et n’avait pas organisé d’élections.

Joseph Félix Badio et les 17 Colombiens détenus en Haïti pour son implication présumée dans l’assassinat de l’ex-président Jovenel Moïse ont été extradés, le 20 septembre dernier, aux États-Unis.

Cette démarche intervient en application d’extradition prévue entre Haïti et les États-Unis, et à la demande des autorités américaines, selon un communiqué du ministère de la Justice. Elle vise à contribuer à l’établissement des faits et à l’identification des responsabilités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *