Le ministre de l’Économie et des Finances (MEF), Serge Gabriel Colin, a présenté, le mercredi 7 juillet 2026, les grandes lignes du budget de la République pour l’exercice fiscal 2026-2027, dont l’enveloppe globale s’élève à 401,2 milliards de gourdes.

96 % du budget sont alloués à l’exécutif alors que seulement 3% sont réservés au pouvoir judiciaire et aux institutions indépendantes, selon le titulaire du MEF précisant que les priorités sont accordées à la sécurité, aux élections, à l’éducation et au redressement économique.

Ces orientations visent à préserver les équilibres macroéconomiques, renforcer les services publics et créer un environnement favorable à l’investissement et à la participation du secteur privé à la relance économique, a indiqué le grand argentier de la République, soulignant que « la plus grande part de l’enveloppe dédiée au rétablissement de la sécurité sera destinée au financement de la Police nationale (PNH) suivie des Forces armées d’Haïti (FADH) », a fait remarquer M. Colin.

Le volet de fonctionnement renferme 232,624 milliards de gourdes, soit 57,9 % du budget, tandis que, hormis les dons et emprunts, le Trésor public consacrera un montant de 50,8 milliards de gourdes à la rubrique des investissements, toujours selon le titulaire du MEF qui dit miser sur les recettes domestiques accumulées par la direction générale des impôts (DGI) et l’administration générale des douanes (AGD) pour parvenir à cette fin.

Ces deux institutions doivent également collecter respectivement 95 et 165 milliards de gourdes pour compléter le volet fonctionnement qui comprend entre autres le paiement des salaires des fonctionnaires de l’État et des dépenses courantes dont l’approvisionnement en carburant et l’alimentation en eau des institutions publiques, selon Serge Gabriel Colin qui table sur une reprise de la croissance s’appuyant sur une nette amélioration du climat sécuritaire du pays au cours de cet exercice.

« La création d’un environnement sécuritaire incitera des investissements étrangers, ce qui favorisera la création d’emplois pour relancer l’économie nationale », a rassuré le numéro du MEF qui prévoit l’élargissement de l’assiette fiscale lors de cette période.

Pour sa part, le directeur du budget, Jean-Michel Silin, n’écarte pas la possibilité pour le gouvernement de recourir au financement monétaire dans le cadre du budget, ce qui risque d’augmenter l’inflation.

Il a toutefois promis que des efforts seront déployés en vue de préserver l’équilibre macroéconomique, d’assurer la stabilité des taux de change pour limiter cette option.

Par ailleurs, le responsable du budget a souligné que le pays a connu sa 8ᵉ année de croissance négative, soit 1,5 %, espérant une relance de 0,2 % pour cet exercice contre 0,5 % en 2027-2028, insistant sur la nécessité de fournir les services de base à la population.

Le gouvernement entend également faire de ce budget un instrument de relance et d’investissement, à travers des projets structurants dans plusieurs régions du pays, notamment dans les infrastructures routières, sanitaires et scolaires du Grand Nord et du Sud.

À travers ce budget, le gouvernement réaffirme ainsi sa détermination à consolider les institutions, améliorer les conditions de vie de la population et créer les conditions nécessaires à l’organisation des prochaines élections.

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