Du 1ᵉʳ janvier au 11 septembre 2026, 5 700 personnes ont été tuées ou blessées suite à l’escalade de la violence en Haïti, a indiqué le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits humains, Volker Türk. Il a fait ces déclarations lors de son intervention, le vendredi 2 octobre 2026, sur la situation des droits humains en Haïti, à la 63ᵉ session du Conseil des droits humains, à Genève.

Les victimes ont été recensées lors des attaques des gangs armés ou lors des opérations menées contre eux, a-t-il précisé, faisant également état de 230 cas d’enlèvement alors que plus de 1 000 femmes et filles ont été violées par les gangs criminels au cours de cette même période.

M. Türk, qui s’insurge contre les récentes attaques perpétrées à Kenscoff, a mis l’accent sur l’effectif insuffisant de la Force de répression des gangs (FRG) dont le mandat vient d’être prorogé pour six mois, soulignant que cette décision doit être suivie d’un déploiement complet et accéléré, assorti de garanties solides en matière de droits humains.

Le Haut-Commissaire a aussi exprimé ses plus vives inquiétudes sur l’usage inutile et disproportionné de la force lors des opérations de maintien de l’ordre. Depuis le début de l’année, plus de la moitié des victimes sont survenues dans le cadre d’opérations de sécurité, des centaines de personnes ayant été touchées par des balles perdues et des drones explosifs. »

« Jusqu’à présent cette année, des groupes dits d’autodéfense ont tué ou blessé quelque 280 personnes » et que le nombre d’exécutions sommaires effectuées par des unités spécialisées de la police a considérablement diminué de près de moitié par rapport à 2025, a déclaré M. Türk.

Plus loin, il déplore que 30 à 50 pour cent des membres de gangs soient des enfants, rappelant qu’en 2025, le recrutement et l’utilisation d’enfants par les gangs ont presque triplé.

Il a aussi plaidé en faveur de sanctions contre tous ceux qui tirent les ficelles des réseaux criminels et de l’impérieuse obligation de mettre fin au flux illicite continu d’armes et de munitions vers Haïti.

« La violence incessante a détourné l’attention et les ressources destinées à la protection des droits fondamentaux. L’extorsion, le pillage et la destruction de biens paralysent l’activité économique. « Le danger permanent empêche les populations d’accéder aux écoles, aux hôpitaux et aux services essentiels », a déclaré l’officiel onusien.

Les établissements pénitentiaires sont extrêmement bondés, et les conditions de vie y sont inhumaines et dégradantes. Sur l’ensemble du territoire haïtien, les prisons fonctionnent, en moyenne, à plus de trois fois leur capacité d’accueil, a souligné Volker Türk.

Rien que cette année, au moins 125 individus ont perdu la vie en détention. Partout en Haïti, les établissements pénitentiaires opèrent, en moyenne, à plus de trois fois leur capacité déclarée. « Cette année, au moins 125 individus ont péri en détention », a affirmé Türk.

Le diplomate rappelle, par ailleurs, que la moitié des Haïtiens sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë et que quarante % n’ont pas accès aux soins de santé de base. Près de 1,5 million de personnes sont déplacées de force, et bien d’autres encore vivent avec leurs sacs emballés en permanence.

Face à ces constats, le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits humains exhorte le gouvernement à veiller à ce que toutes les opérations de sécurité, qu’elles soient menées par des acteurs étatiques ou privés, soient pleinement conformes au droit international des droits de l’homme.

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